Méthode ACC = Apprendre à Choisir la Confiance. Epanouissement personnel et des collectivités où nous intervenons (familiales, sociales, professionnelles)
En commençant par cette histoire vraie où j'ai participé, d'ailleurs bien malgré moi, mais qui reste un souvenir, tout autant ordinaire qu'inoubliable.
C'était en 1999, j'étais hospitalisée et mon moral n'était pas au beau fixe.
Quelqu'un frappe à ma porte. C'était un monsieur âgé qui venait me rendre visite.
Il se présente, ce qui me permet de constater qu'il ne s'est pas trompé de chambre : Il est prêtre (retraité +++) et vient rendre visite aux personnes hospitalisées de cet hôpital.
Il avait l'air tellement gentil et tellement certain qu'il était réconfortant pour les patients que, pour ne pas le décevoir, j'ai eu envie de le recevoir agréablement et que nous avons bavardé un moment.
A vrai dire, nous avons parlé de la vie quotidienne, de mes craintes qu'il a balayées en me disant que "lui-même avait été très malade à une époque et que ce n'était qu'un souvenir lointain... Puis qu'à présent il me disait aurevoir car il se rendait en gérontologie, au chevet d'une arrière grand-mère qui dormait presque toute la journée."
Je lui réponds alors spontanément - et ceci n'avait de question que l'allure car j'avais le sentiment d'avoir déjà la réponse -: A quoi ça sert de vivre ainsi, en dormant sans arrêt dans un hôpital !
Il me dit : "Elle est heureuse de vivre car, lorsqu'elle ne dort pas elle prie pour ses proches, ses moins proches et même la terre entière. Et quand je lui rends visite, nous prions ensemble."
Cette répartie a marqué ma mémoire.
Cette femme avait trouvé sa raison de vivre ... le plus longtemps possible. Pas pour elle. Pour les autres, Par elle.
Je n'ai pas retenu le nom de ce Prêtre, il ne me l'a dit que pour se présenter et je l'ai oublié sur l'instant. Néanmoins, aujourd'hui je me demande si cette raison - que certains appeleraient "déraison" - qu'elle avait su voir au coeur de son brouillard, ne lui était pas apparue grâce à la lumière apportée par cet homme, aux allures si laïques, dont le regard était si lumineux.
Je me souviens de ce moment quand j'entends évoquer la possibilité de légaliser l'euthanasie - ce qui était le cas, sur les ondes, ce matin.
Alors, je crains que certains la souhaitent parce qu'ils se voient écrasés dans le miroir du regard de l'autre. inutiles, pire, pesants : plus assez dignes pour vivre.
Faut-il être valide pour être "digne" ? Je connais des valides dont je trouve les comportements indignes.
Pour ces raisons, si je ne peux accepter que des personnes ne soient pas soulagées de leurs souffrances, je ne peux pas accepter, non plus, que d'autres ne soient pas encouragées dans la mission de Vie si difficile qui est la leur, difficile à concevoir d'abord, puis à mener à bien, ensuite.
Mais celui qui, lui-même, ne croit pas au sens de chaque instant de la Vie, comment pourrait-il communiquer cette certitude en soutien ? Comment pourrait-il la recevoir ?
Et celui que n'a pas cette croyance, comment pourrait-il l'acquérir ?
Pas par le raisonnement purement "céphalique". Il n'est pas fait pour ça.
Par le dépassement de celui-ci :
Même s'il ne comprend pas pourquoi - de toute façon il ne sait pas démontrer non plus pourquoi il présumerait le contraire - qu'il choisisse la confiance.
Alors, le ressenti de joie éprouvée - totalement inexplicable, car out of nos limites structurelles présentes, sera le "signe" qui lui montrera que, s'il ne voit pas encore la Vérité perchée au sommet, il est au moins sur un chemin qui y conduit : puisqu'Il en entend déjà l'écho.
Amicalement
Françoise-L.